L'ESL America se dévoile et organise un tournoi d'ouverture. Il y a de cela quelques semaines, l'ESL commençait son invasion aux Etats-Unis en imposant ses deux Global Challenge (étape qualificative pour la finale globale des Extreme Masters), la première fois à Los Angeles, la seconde, à Montreal. C'est ce que nous pourrions appeler des préliminaires de qualité (messieurs, prenez en de la graine).
Ouverture avec 1.6
Pour continuer dans cette voie, l'ESL lancera dans quelques jours ce qui fait penser à un tournoi d'ouverture, puisque la ligue semble quasiement vide. Ce tournoi se jouera uniquement sur Counter-Strike 1.6 et accueillera 32 équipes. A la clé : des mois de comptes premium. Si, à priori, les lots peuvent paraîtres ridicules, il y a fort à parier que c'est uniquement dans le but de rebuter les grosses équipes. Il faut en effet attirer une petite communauté qui constitura la base du ladder de l'ESL, le fer de lance de la ligue. Et on sait bien qu'il y a plus de petites équipes que de grosses...
Pendant ce temps, les autres sections vont se développer petit à petit. Si sur Call of Duty, on ne se bouscule pas au portillion, sur FIFA, Christiano Ronaldo a déjà commencé à mettre des têtes. Sur Jedi Knight Academy... réponse D, c'est mon dernier mot : Obiwan Kenobi. Nous notons par ailleurs l'absence de Counter-Strike : Source, choix discutable dans le bon, comme dans le mauvais. Dans tous les cas, il s'agit d'une conséquence directe de la fin des CGS.
Vers une domination totale ?
Quoiqu'il en soit, l'ESL met un pied sur un nouveau terrain et s'est déjà forgée une grosse réputation grâce aux Extreme Masters, via Gotfrag, et grâce aux EM-Global Challenge en LAN. Incontournable, c'est bien ce que devient l'ESL. Des communautés de joueurs incalculables, des cash prizes impressionants et les voilà plus que jamais en concurrence avec clanbase et la major league gaming.
Dans un aspect plus global, nous ne pouvons nous empêcher de comparer l'évolution de l'ESL avec la concurrence. Game Services évolue lentement, voire régresse ; soucis sur le circuit français, perte d'un sponsor principal, échec des événements ESWC San José et Masters d'Athènes malgré de nombreux démentis qui les font passer pour de franches réussites. Les WCG quant à eux évoluent chaque année, mais ne font parler d'eux qu'un mois dans l'année. Ajoutons à cela le projet ELC qui se révèle être LE bide de l'année 2008... Attendons fin 2009 pour faire le point. Le KODE5 joue sur un autre tableau, mais n'explose pas pour autant. L'ESL semble avoir un train, un vol, une fusée et une station orbitale d'avance sur sa concurrence. Chaque mois laisse l'impression grandissante que l'ESL sera bien la seule et unique ligue dédiée au sport électronique. Est-ce que la suprématie d'une seule organisation est pour autant une bonne chose ? Tout dépend de la manière dont sont menées les actions.
Un facteur à ne pas négliger
L'ESL conserve ainsi un léger défaut : son amateurisme. En dehors des Extremes Masters et des Pro Series, la gestion de la "league that matters" se fait principalement par des bénévoles qui administrent et gèrent leur portail. C'est pourquoi pour le portail américain, si le staff est composé d'administrateurs novices, le site risque de voir apparaître des problèmes qui ont fait date chez nous : manque de flexibilité, copinage avec les admins, incompétence, et toute la panoplie qui accompagne la gestion anarchique de bon nombre de ligues de seconde zone. Nous connaissons le niveau d'exigence des américains, souhaitons simplement que le staff ne mette pas 3 années pour trouver le bon équilibre.