Comment l’Esports World Cup a transformé Paris en capitale de l’esport

Pour sa première édition organisée hors d’Arabie saoudite, l’Esports World Cup a vu les choses en grand à Paris. Tour Eiffel, Champs-Élysées, métros, gares ou encore aéroports : pendant sept semaines, l’esport s’est installé partout dans la capitale avec l’ambition assumée de toucher bien au-delà de son public habituel.

Difficile de passer à côté de l’Esports World Cup cet été à Paris. Depuis le lancement de la compétition le 6 juillet, l’Esports Foundation a déployé une campagne massive dans toute la capitale, faisant sortir l’événement de son enceinte de la Porte de Versailles. Au total, plus de 22 600 espaces publicitaires, dont 4 200 écrans numériques, ont été mobilisés, permettant selon les organisateurs de toucher 95 % des Parisiens. La campagne revendique également plus de 3,4 milliards d’occasions de voir ses contenus en ligne et 19 millions de vues vidéo.

Cette omniprésence s’est surtout matérialisée dans certains des lieux les plus emblématiques de Paris. Une réplique de la « Key », symbole remis aux champions de l’EWC, a notamment été installée au Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel, tandis qu’un immense Totem représentant les clubs engagés dans la compétition a pris place sur les Champs-Élysées. L’avenue avait également été investie avec adidas à mi-parcours de l’événement, notamment en prélude à la présentation du maillot de l’équipe de France pour la première Esports Nations Cup.

De la Porte de Versailles aux Champs-Élysées

L’opération ne s’est pas limitée aux monuments. Les stations Porte de Versailles et Châtelet, la gare Montparnasse ou encore l’aéroport Charles-de-Gaulle ont été habillés aux couleurs de l’EWC. Le Grand Rex, le Printemps Haussmann ou encore la Tour Saint-Ouen ont eux aussi accueilli des installations, alors que la campagne s’est étendue aux bus, métros, gares, hôtels et autres lieux fréquentés quotidiennement par des millions de personnes.

Une stratégie qui répond à un objectif clair : faire de l’esport un élément du paysage culturel parisien, plutôt qu’un événement réservé aux spectateurs déjà acquis à la discipline. « Notre ambition était de transformer Paris en scène mondiale pour l’esport et de créer une campagne que des millions de personnes pourraient rencontrer dans leur vie quotidienne », explique Mohammed Al Nimer, directeur commercial de l’Esports Foundation. « C’est ainsi que l’esport grandit au-delà de son public historique : en devenant une partie de la culture, de la ville et du quotidien de millions de personnes. »

L’EWC a également bénéficié d’un dispositif médiatique conséquent. L’Équipe, Brut, Konbini ou encore Popcorn ont participé à différentes opérations autour de l’événement, tandis que France Télévisions, M6, NRJ, CNN et Warner Bros. Discovery ont contribué à son exposition à la télévision, à la radio ou à l’international. M6 revendique à elle seule 24,2 millions de contacts, tandis que Warner Bros. Discovery doit diffuser plus de 1 100 spots à travers le monde et CNN plus de 400 en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

Paris confirme sa place sur la carte mondiale de l’esport

Cette démonstration de force s’inscrit aussi dans une stratégie plus large pour la France. Le pays accueille depuis plusieurs années les plus grandes compétitions internationales, du Major de Counter-Strike à Paris en 2023 aux événements de League of Legends, Rocket League, Rainbow Six Siege, Fortnite ou Street Fighter. Selon le Baromètre France Esports cité par les organisateurs, environ six millions de Français pratiquent l’esport et plus de dix millions suivent régulièrement des compétitions. L’Esports Foundation et le ministère français des Sports avaient d’ailleurs signé plus tôt cette année un protocole d’accord visant à poursuivre le développement du secteur.

Avec plus de 2 000 joueurs, 200 clubs issus de plus de 100 pays et territoires, 25 tournois sur 24 jeux et plus de 75 millions de dollars de cashprize, l’Esports World Cup avait déjà les dimensions d’un événement hors norme. Mais pour cette première édition internationale, organisée du 6 juillet au 23 août, son empreinte aura largement dépassé les scènes de compétition. Pendant près de deux mois, Paris n’a pas seulement accueilli l’un des plus grands événements esportifs de l’histoire : la capitale française s’est elle-même transformée en vitrine mondiale de l’esport.

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