Vitality bientôt en Game Changers ?

À quelques jours des Champions 2026, le CEO de Vitality fait le bilan de la saison VALORANT. Malgré l’absence de titre jusqu’ici, le dirigeant veut continuer à investir au plus haut niveau, construire autour de Sayonara et envisage sérieusement une arrivée sur le circuit Game Changers dès 2027.

Vitality arrivera à Shanghai avec quelques doutes, mais également avec la satisfaction d’avoir rempli l’un de ses principaux objectifs. Finaliste du Stage 1, top 4 du Masters de Londres et top 8 de l’Esports World Cup, la formation française a obtenu son billet pour les Champions grâce aux points accumulés tout au long de l’année. Une récompense de la régularité davantage que d’un dernier sprint réussi, puisque les Abeilles ont connu une fin de Stage 2 compliquée. « Nous nous sommes qualifiés grâce à notre constance plutôt qu’à un pic de performance. Nous n’allons pas nous mentir là-dessus », reconnaît Fabien « Neo » Devide dans une interview accordée à Sheep Esports.

Pas question pour autant de remettre en cause l’ensemble du projet après quelques contre-performances. « Sur l’ensemble de la saison, je pense que nous sommes l’une des équipes qui a le mieux réussi à garder le cap », estime le cofondateur de Vitality. Il rappelle également la volatilité du jeu et les nombreux changements de méta qui ont bousculé les meilleures formations cette saison. Désormais qualifiée en quatrième position de la région EMEA, Vitality devra surtout prouver à Shanghai « qu’on mérite notre place » et « qu’on n’est pas simplement arrivé là par hasard ». Neo assume même le statut d’outsider de son équipe : « C’est parfois comme ça que s’écrivent les plus belles histoires. »

Sayonara au cœur du projet Vitality

L’étiquette de « Super Team » régulièrement accolée au roster ne convainc en revanche pas son dirigeant. Si Chronicle possède déjà l’un des plus beaux palmarès de la région, Neo rappelle que Derke sortait d’une saison difficile et que Sayonara abordait sa première véritable année au plus haut niveau après plusieurs mois sans compétition. « Sur le papier, nous avions des noms reconnaissables, mais nous n’avions pas le sentiment d’avoir construit une Super Team », explique-t-il. À ses yeux, le recrutement répondait avant tout à des besoins précis en matière de rôles et de leadership.

Sayonara pourrait toutefois devenir l’un des piliers du prochain cycle. Malgré son inexpérience et un début de saison perturbé par son inéligibilité au Kickoff en raison de son âge, le jeune joueur a convaincu Vitality. « Il a réellement le potentiel pour devenir l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur joueur à son poste dans les années à venir », affirme Neo. Le dirigeant souligne notamment sa lecture naturelle du jeu et sa capacité à anticiper les actions : « Des joueurs comme ça sont rares. Quand vous en avez un, il faut savoir les conserver et mettre les bonnes pièces autour d’eux. »

Vitality envisage sérieusement le Game Changers

L’année 2027 devrait également marquer une nouvelle étape pour la section. Alors que Riot Games prépare une refonte importante du VCT et que le modèle des équipes académiques devrait disparaître, Neo ne cache pas ses réserves. « Personnellement, je regrette de voir ce modèle prendre fin », explique-t-il, estimant qu’un circuit amateur et semi-professionnel restera indispensable pour permettre aux jeunes joueurs de se développer. Vitality entend ainsi continuer à soutenir le Tier 2 et le Tier 3, comme la structure avait pu le faire en France autour du projet DVM.

Mais le changement le plus concret pourrait venir du Game Changers. Vitality réfléchit depuis plusieurs années à intégrer le circuit féminin et inclusif, sans avoir jusqu’ici trouvé les bonnes conditions pour franchir le pas. Cela pourrait changer dès la saison prochaine. « Si nous entrons dans cette nouvelle phase de partenariat l’année prochaine, Vitality sera en Game Changers. C’est quelque chose sur lequel nous travaillons activement et que nous regardons depuis des années », annonce Neo. L’ambition serait là encore élevée, avec la volonté de construire « une équipe capable de jouer un rôle important sur le circuit. »

« VALORANT doit devenir le pendant de Counter-Strike »

Cette possible expansion s’inscrit dans une ambition plus large. Vitality n’entend pas réduire son investissement malgré une saison sans trophée pour le moment. « Nous sommes heureux du roster, heureux du cycle dans lequel nous sommes », assure le patron du club, qui considère son équipe capable de revenir au sommet dès 2027 et, à terme, de devenir une véritable candidate au titre mondial. « L’objectif est que l’équipe revienne au sommet de la pyramide et soit capable de gagner des championnats du monde, ou au minimum de faire partie de la conversation. »

Difficile néanmoins d’échapper à la comparaison avec la section Counter-Strike, devenue la principale vitrine du club grâce à ses nombreux succès. Neo estime cette différence logique, mais pas définitive. « Notre objectif est que VALORANT devienne le pendant de CS. Évidemment, cela prend des années, mais Counter-Strike aussi a pris des années », rappelle-t-il. Vitality espère désormais trouver le trophée capable de faire basculer son projet dans une autre dimension : « Le jour où nous serons au sommet avec un titre qui compte vraiment, comme un Masters ou les Champions, Vitality sera capable de porter cette dynamique ». Avant de penser à 2027, une première occasion se présentera justement à Shanghai.

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